Une action Rotary

L’eau
Par Bernard Bellemin Noël, Coordinateur
2005-2006 pour la zone 11 en ce qui concerne le groupe
d’action EAU, SANTE ET FAIM.
La pénurie d’eau est le
problème quotidien de la moitié des hommes et, sans bruit, elle se transforme
en première cause de
mortalité mondiale. Les populations n’ont souvent comme option que
la fuite. L’eau est source
de vie. Encore faut-il que la source ne tarisse pas. Sur terre aujourd’hui,
un habitant sur cinq n’a pas
la chance de pouvoir tourner un robinet pour se désaltérer.
La planète a la bouche
sèche.
Constat chiffré :
_ Un Français consomme
environ 150 litres d’eau par jour, un américain 301,
un indien 24, et un
soudanais 19.
_ L’eau sur la planète
est composée de 97,2 % d’eau salée, et 2,8 % d’eau douce.
_ Ces 2,8% se
répartissent ainsi : 2,1 % en glace, 0,6 % en eau souterraine, 0,02 % en
lacs et rivières, 0,01
% dans l’atmosphère.
_ En 1998, la production
d’eau minérale était de 5,5 milliards de litres
+2,4 milliards de
litres pour les eaux de sources.
_ Dans le monde, 69 % de
l’eau douce est utilisée dans l’agriculture, 23 % dans l’industrie,
8 % pour l’usage
domestique et urbain.
_ Une douche nécessite 40
à 80 litres d’eau, un bain 150 à 200 litres, une vaisselle
5 à 15 litres, une
machine à laver 80 à 120 litres, une chasse d’eau 8 à 12 litres.
_ 1,2 milliards d’êtres
humains n’ont pas accès à l’eau potable aujourd’hui,
2,5 milliards en 2050.
Constat économique :
Alors qu’une
législation européenne (du 23/10/00) impose aux états membres de
parvenir à un bon état
des eaux d’ici 2015, et que 9,2 milliards d’€ d’aide ont été
versés entre 1997 et
2002 par l’U.E à ses états-membres, aucune amélioration
significative n’a été
constatée en France.
Selon un rapport de
l’ONU, qui réclame d’ailleurs un changement drastique des
méthodes, des milliards
de dollars sont investis depuis 30 ans dans des programmes
d’équipements
hydrauliques techniquement performants à destination des
pays en voie de
développement. Ces investissements sont faits, bien souvent, en
pure perte car les
populations concernées ne sont pas formées convenablement
à l’utilisation et la
maintenance de ces équipements.. Ce rapport dit clairement
que « la poursuite
de la démarche actuelle, qui consiste à approvisionner en matériel,
et qui sert
davantage les intérêts des entreprises est préférée à l’éducation des pauvres
qui n’est pas
industrialisable et ne génère pas de revenus ».
Constat écologique :

L’accroissement de la
population mondiale nécessite le développement de cultures intensives
très gourmandes en eau
(par exemple le maïs qui utilise à lui seul 43% des besoins
actuels de
l’agriculture), et 1/3 des terres émergées du globe (soit 4 milliards
d’hectares) sont
menacées par la
désertification.
Avec une progression
probable de 1 % de la population chaque année, il faudra disposer,
dans 30 ans, de 30 à 50
% de ressources en eaux supplémentaires. Allons-nous pouvoir
continuer à gaspiller
cette ressource rare ?
L’eau facteur de guerres
potentielles ?
L’eau devient un des
enjeux majeurs dans tout le monde entier, du point de vue de :
- La qualité : plus de
trois millions de morts sont attribués à l’eau polluée dans le monde…exemple :
l’année de sécheresse en France,
certaines eaux
minérales étaient déjà paraît-il polluées…
- La quantité : la
pénurie d’eau est le problème quotidien de la moitié des êtres humains,
DOSSIER
DE PRESSE - L’eau, c’est pas du bidon !
Alors qu’il y a déjà
des guerres pour le pétrole, qu’adviendra-t-il lorsque la pénurie en eau
(ressource autrement plus indispensable
à la vie) deviendra
flagrante et alors que les neuf pays qui disposent de 60 % des ressources en
eau de la planète les feront payer
beaucoup plus cher ?
L’eau facteur de paix ? 
Dans un Moyen-Orient en
état de guerres larvées ou déclarées, des négociations seraient en cours entre
la Turquie (réservoir d’eau
douce pour la région)
la Syrie, la Jordanie, l’Egypte, l’Autorité Palestinienne et Israël pour
financer ensemble de gigantesques travaux
permettant l’acheminement
et un partage équitable de l’eau.
Quelles solutions ?

> D’ordre
technologique ou industriel :
Dessaler l’eau de mer.
Alors que le baril de pétrole
à 300 € à moyen terme est une
hypothèse qui semble
admise par les experts,
quel sera le coût de litre d’eau
douce produit ainsi et
transporté dans les pays de
Centre Afrique par
exemple ?
Retraitement et
recyclage des eaux usées, mais
encore faut-il avoir
«usé» préalablement de l’eau…
Déplacer et faire
fondre les icebergs
Plus sérieusement :
généraliser à l’échelle de la planète
l’utilisation des
techniques du goutte à goutte pour
l’arrosage agricole.
Une économie de l’ordre de 50%
est envisageable par
rapport aux techniques classiques
actuelles.
Lorsque l’on sait que
l’agriculture absorbe 69% de
l’eau douce utilisée…
> D’ordre culturel :
faire de l’éducation des enfants aux nécessités d’économies, dés l’école
primaire (y compris sous nos latitudes),
une action mondiale
prioritaire.
Un exemple qui pourrait
être un cas d’école, au Bengladesh, concernant les toilettes et les égouts, 30
années d’effort et des
millions de dollars
investis n’ont pas permis d’éradiquer la défection en plein air, responsable
d’épidémies meurtrières. Une
ONG locale a pris le
problème en sens inverse, en éveillant la fierté, la honte et le dégoût de la
population, qui a elle-même
conçu des latrines
adaptées…
Quel rôle pourrait jouer le Rotary
International ?
Il pourrait contribuer
à faire reconnaître le droit d’accès à l’eau douce comme un droit universel
pour toute l’humanité.
D’un point de vue
financier, l’éradication de la polio devrait être chose faite en 2007. La
Fondation Rotary pourrait alors affecter
à ce combat qu’est la
préservation et la rationalisation de l’utilisation de l’eau, les budgets
importants rendus ainsi disponibles.
Ces budgets pourraient
être mis à disposition des Rotariens disponibles et de bonne volonté.
Ces Rotariens, après
formation ad-hoc,
pourraient se rendre
dans les pays en voie de
développement pour
assurer sur place la mission
essentielle
d’éducation, de formation et
d’information,
paraphrasant ainsi la célèbre
formule célèbre :
«il est préférable
d’apprendre aux gens
à pêcher, plutôt que de
leur donner du poisson»…
« Il n’y a pas d’arbre dans
le désert
car on n’arrive pas
à faire
pousser de l’eau ».
DOSSIER
DE PRESSE - L’eau, c’est pas du bidon !